Voici une présentation des principes à appliquer que nous préconisons, des outils que nous proposons et des règles de fonctionnement du marché que nous souhaitons mettre en place. Pour un autre modèle socioéconomique voici les trois principes à appliquer que nous préconisons :

  • Le principe de solidarité entre les personnes d’une même génération, mais aussi intergénérationnelle car on ne transmet pas notre planète, mais on l’emprunte. Pour appliquer ce principe le rôle de l’état est nécessaire car il demande que soient respectées conjointement les dimensions sociale et écologique.
  • Le principe de précaution car il vaut mieux prévenir que guérir. Pour chaque politique menée, chaque produit vendu, chaque action entreprise, il faut évaluer les risques potentiels que l’on fait courir aux agents de l’environnement, et proscrire tout ce qui peut avoir des effets dommageables et / ou irréversibles.
  • Le principe de participation des citoyens qui demande de tenir compte de l’avis de chacun en s’appuyant sur des organisations allant au-delà de la démocratie représentative actuelle, en mettant en application par exemple l’agenda 21 préconisé par l’ONU. Cet agenda permet de prévoir dans chaque structure : établissement, municipalité, région, état, institutions internationales des mesures concrètes dans le domaine économique, social et écologique. Cf. La ville de Colmar qui vient de mettre en place un CESE : Conseil Economique Social et Environnemental local présenté comme un « organe consultatif » composé de citoyens, de personnes qualifiées et de partenaires sociaux et économiques qui sont censés porter « un autre regard » que celui des élus ou des services municipaux « sur la vie de la cité et son avenir », et permettre de « renforcer le dialogue » entre le conseil municipal et la population. C’est un dispositif qui vient compléter les conseils de quartier qu’il faut développer et former au débat.

Les outils de mise en œuvre et d’évaluation préconisés sont les suivants :

1 l’agenda 21 qui est le programme global d’actions pour le 21ème siècle élaboré au Sommet de la Terre à Rio en 1992, et qui devient l’outil du « penser global, agir local ». A chacun c'est-à-dire à chaque état et collectivité à rédiger son propre agenda autour des domaines suivants :

  • la dimension économique et sociale : lutte contre la pauvreté, protection de la santé…
  • la conservation et la préservation des ressources – eaux, forêt, atmosphère,…
  • le renforcement du rôle des acteurs et de leur coopération
  • la mise en œuvre de moyens d’action : financement, recherche, éducation…

2 les indicateurs de développement ou agrégats sont à revoir comme le PIB et le PNB qui ne sont plus pertinents. Utiliser plutôt : l’IDH : Indicateur de Développement Humain, l’ISDH ! Indicateur Sexospécifique de Développement Humain et l’IPH : Indicateur de Pauvreté Humaine et proposer d’autres indicateurs tenant compte des items précédents auxquels il faudrait ajouter la notion d’empreinte écologique car nous vivons en surrégime.

3 Droits d’émettre du CO2 en tenant compte par exemple du nombre d’habitants.

Au niveau du marché monétaire et financier il est urgent :

  • d’imposer la transparence,
  • de rééquilibrer les échanges Nord-Sud,
  • de favoriser une politique de la demande plutôt qu’une politique de l’offre comme c’est le cas actuellement, et ce au niveau de tous les marchés et plus spécifiquement des marchés financiers.

Quelles politiques mettre en place ? Développer à la fois des politiques passives et des politiques actives. Des politiques passives pour essayer d’agir sur les conséquences sociales et environnementales des politiques actuelles en aidant les particuliers à modifier leur environnement par des allocations, des prêts et des subventions pour lutter contre le chômage, et favoriser un habitat et des transports écologiques. Des politiques actives pour agir sur les causes du chômage et de la dégradation de l’environnement en :

  1. réduisant les coûts du travail et en rendant compétitif le bio et tout ce qui est Haute Qualité Environnementale (HQE),
  2. favorisant et en développant l’enseignement, l’apprentissage, les emplois dans tout ce qui concerne l’environnemental et en favorisant les activités à faible productivité,
  3. assortissant les aides de l’état de conditions à la fois sociale et environnementales,
  4. mettant en œuvre des politiques d’éducation à la consommation dans tous les domaines,
  5. mettant en place des politiques visant à partager le travail, et des politiques d’appariement visant à améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande de travail, par la formation, la polyvalence, et une meilleure performance des agences de l’emploi….

Françoise Werckmann