Comment faire évoluer le marché ? Réflexion et proposition pour l’Europe et son marché.

A côté des autorités de régulation du marché au niveau étatique comme l’AMF : Autorité des Marchés Financiers, et le conseil de la concurrence ; de la gouvernance européenne qui reste à parachever ; des démarches de régulation des relations économiques et financières confiées aux 0IG : Organisations Internationales Gouvernementales comme l’OMC, le FMI, de l’économie mondiale ( à améliorer sérieusement), et qui se préocuppent essentiellement de l’offre nous proposons non de protéger la demande, mais de lui donner la place qui lui revient, c'est-à-dire celle d’un partenaire capable de se situer et de comprendre les enjeux de l’échange et donc de renverser le jeu de l’offre et de la demande… C’est aux états et aux instances internationales à le mettre en place, comme le prévoit le processus de Marrakech lancé en 2003 dans le cadre de l’ONU (cf « Here and Now ».

Une des missions de l’Europe étant de faire rayonner les valeurs auxquelles sont attachés les Européens comme l’écologie et la protection de l’environnement, l’économie sociale, nous proposons afin que la démarche écologique s’inscrive dans la vie quotidienne de chaque citoyen européen, mais aussi du monde…d’avoir une consommation en accord avec nos possibilités environnementales, sociales, locales et mondiales. Il y va de notre responsabilité écologique. Proposer d’éduquer à la consommation durable, donc écologique c’est éduquer la demande pour influer sur l’offre.

Jusqu’à présent le marché européen s’est construit autour de l’offre, c'est-à-dire les producteurs de biens et de services (industriels, agricoles, financiers…) qui est le partenaire dominant de la relation d’échange cf études de marché, publicité, marketing, etc. La demande étant le maillon faible du marché, elle est protégée par l’état (cf. le droit de la consommation dont la loi Scrivener, et le droit de la concurrence), et par les associations de consommateurs ; mais, insuffisamment. Car il s’agit pour nous écologistes et démocrates, d’aller au-delà d’une protection, mais de redonner toute sa place au consommateur qui ne doit plus être prisonnier, otage,(cf la crise financière actuelle où de nombreux épargnants ont vu leur compte épargne actions diminuer de moitié), dépendant de l’offre mais qui doit être acteur de ses choix donc de son style et mode de vie et cela passe forcément par la consommation.

C’est un des moyens que nous proposons afin d’aboutir à une révolution écologique urgente qui passe par une prise de conscience et par un nouvel équilibre des habitudes du marché jusqu’ici dominées par l’offre.

Nous nous intéressons donc à la demande qui a de multiples implications et conséquences pour les consommateurs donc pour la société, tant au niveau :
  • du budget,
  • de la santé (alimentation, cadre de vie, loisirs, sports…),
  • des déchets et du problème de leur recyclage ( qui feront l’objet de notre premier « atelier écologique »,
  • du mode de vie,
  • du choix de la profession (importance de l’approche écologique » dans toutes les filières et niveaux de formation),
  • de l’éducation,
  • des loisirs,
et de leur avenir ainsi que des générations futures qui vivront sur notre planète. Nous voyons que le sujet est complexe et qu’il couvre tous les aspects de l’écologie, et qu’il est souhaitable de l’aborder de façon systémique en y alliant l’éthique et la démocratie. Comment faire ? Comment sortir de ce monde des
objets car nous aimons consommer et jeter !
L’écologie politique implique une prise de conscience qui peut être atteinte par l’éducation, comme outil permettant aux futurs citoyens d’être actifs, parties prenantes et responsables de leurs actes. Cette éducation devrait s’inscrire dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté qui est prévue dans les textes tant au niveau européen qu’au niveau national. Elle passe par une pédagogie de projet, et par le débat, nœud de la démocratie et demande un apprentissage dès l’école primaire.
Apprentissage pouvant être relayé par la mise en place d’une démocratie véritablement participative et délibérative, aiguillonnant l’action des états. C’est pourquoi nous proposons que soit élaboré un programme d’éducation à la citoyenneté et à la consommation pour sensibiliser et faire advenir une demande responsable et écologique permettant de faire évoluer l’offre sachant que c’est un des moyen de se pencher sur la production à côté de la fiscalité, de l’innovation technologique, de la formation…. (sur lesquels nous ferons également des propositions)

Nous voulons et demandons que se mette en place une demande informée et démocratique avec des moyens d’action à tous les niveaux du processus d’apprentissage et donc un soutien financier important dans ce secteur.

PS : je pense qu’il est important que nous fassions campagne européenne en ciblant trois ou quatre points forts par rapport à une prise de conscience en écologie politique qui passe par l’éducation qui a un impact sur tous les temps de la vie donc à court, moyen et long terme, les autres points sur lesquels nous pourrions jouer et qui touchent nos concitoyens sont la santé, la consommation et pour ce qui est des solutions urgentes : la fiscalité qui est un levier important, l’innovation écologique… Sachant que les questions écologiques sont complexes, ce qui ne veut pas dire compliquées, mais toutes imbriquées les unes dans les autres, et doivent donc être abordées d’une façon systémique, sachant que la responsabilité (cf Jonas « Le principe responsabilité » et donc l’éducation et la prise de conscience sont au centre du système écologie politique.


Françoise Werckmann