Un adage du Moyen-Âge disait que" l'air de la ville rend libre". Depuis cette époque, la ville a connu un développement sans précédent, notamment depuis la révolution industrielle qui verra la population rurale se déverser dans les villes pour répondre au besoin de main d'œuvre de l'industrie naissante. Aujourd'hui bien que la ville continue à croitre à sa périphérie, par la fuite des surfaces commerciales, des petites entreprises, et à une urbanisation destinée à répondre à une augmentation de la population, c'est le désir de fuir la ville quand on le peut, qui prévaut.

Le temps où la ville était nimbée de toutes les qualités et vertus est révolu. La ville d'aujourd'hui s'identifie à l'idée d'éclatement, d'anonymat, de laideur et de violence auxquels sont associées les idées négatives de promiscuité et de contraintes, sans oublier les diverses pollutions (air, eau, bruit, pollution électromagnétique) devant lesquelles les municipalités sont souvent désarmées par une insuffisance législative et règlementaire et un manque de projets urbains lucides et courageux prenant en compte les comportements et les désirs humains : la spéculation immobilière et les pressions politiques et économiques ne ne sont pas obligatoirement la cause principale de ces situations.

Redessiner la ville et recréer une cité
Le XX ème siècle a vu le triomphe de la pensée rationaliste appliquée à la ville, ou le milieu urbain a été organisé en habitat fonctionnel, segmenté et hiérarchisé, maintenant les conséquences de cette pensée technocratique sont connues et vécues par tous. Penser la ville autrement en ramenant la nature dans notre ville ne suffit pas. Il ne s'agit pas de proposer un écosystème urbain idéal, mais de réinstaller le citadin dans l'organisation sa propre vie, au cœur de la ville. Penser la ville de manière écologique, ce sera penser la ville au delà de la préservation de l'environnement, de la santé environnementale, se sera penser la ville en y favorisant la communication et les échanges humains. Une nouvelle vision de la ville ne peut être satisfaisante que si elle intègre ou plutôt se fonde sur une nouvelle conception du vivre ensemble. Si l'écologie, au sens large du terme, signifie l'étude des interactions entre un être et son milieu, son environnement. L'écologie urbaine est non seulement l'étude des relations du citadin et la ville dans laquelle il vit, mais aussi de la politique à mener pour favoriser au maximum des relations
harmonieuses dans la ville.
Constats
Le mal urbain ne trouve pas son origine que dans la question sociale. La ville est devenue aujourd'hui symbole de béton et de pollution, et de souffrance. Au-delà des intérêts financiers, la ville est modelée et défigurée par ses moyens de transport, par la circulation automobile. La ville actuelle est l'aboutissement d'évolutions technologiques qui ont modelé la ville en fonction de leurs propres nécessités. Ce remodelage de la ville aux fins de la circulation se répercute au niveau de la socialisation du citadin, en faisant disparaitre les occasions traditionnelles de rencontre. Il n'y a plus en ville de lieu où on peut s'arrêter. Les transformations technologiques transforment les relations de l'homme avec sa ville, sans que les constructions y prennent une part essentielle.

Le déclin relationnel
Autrefois les lieux publics comme les fontaines, les abreuvoirs, les lavoirs, les places constituaient au delà des nécessités fonctionnelles des lieux de rencontre et de socialisation. Ces lieux ont disparus, sans qu'ils aient été remplacés.
L'envahissement automobile
Les villes récentes ont été façonnées à partir des seules exigences techniques. Quand aux villes anciennes, elles l’ont été, pour s'adapter au trafic automobile, disloquées pour répondre aux nouvelles nécessités techniques, ne les protégeant pas de l'asphyxie. La non prise en compte du prix des carburant a permis l'éclatement de la ville à la recherche de l'espace, et la fuite de la ville devant un environnement défiguré.

Notre projet

Un urbanisme relationnel pour Strasbourg


L'urbanisme est autre chose que la planification des transports urbains, et l'organisation de la distribution de l'eau. Changer, renouveler une ville est aussi autre chose que d'y apporter de la verdure. La ville est avant tout un tout organique, indissociable.
Le projet d'urbanisme qui sera mis en oeuvre par Françoise Werckmann doit permettre à chacun(e) de se sentir attaché(e) à sa ville, son quartier, à la maison dans lequel il vit. La ville ne doit pas être impersonnelle, elle doit avoir une épaisseur, elle doit avoir une âme. Ce nouvel urbanisme, c'est la lutte de l'esprit et de la sensibilité, contre la ligne droite, le vide, contre l'impersonnalité et gigantisme. Si la ville est créatrice de culture, c'est bien une nouvelle culture de la ville que nous proposons.

N.B. Je suis redevable pour cette analyse pour une grande part au texte de l'urbaniste Michel de Sablet:"Urbanisme et écologie "

Redessiner la ville et recréer une cité
1) Les limites de la ville
La ville ne doit pas se développer au détriment des terres agricoles. Dans l'avenir la surface de la ville n'excédera jamais l'extension actuelle de la ville. Une architecture de qualité pour tous, écologique, permettra la socialisation de tous et l'épanouissement personnel et empêchera cette fuite à l'extérieur.
2) Centre et Banlieues
Il faut rapprocher les extrémités de la ville du centre pour diminuer le sentiment de rejet d'une part importante de la population. C'est un moyen de lutter contre la fracture sociale, les incivilités, les tendances extrémistes et la violence, en favorisant les transports et par des travaux sur le paysage urbain.
3)La ville et la beauté
La laideur est une violence faite à l'homme. Seule une chose belle, une chose dans laquelle ou sur laquelle on peut se projeter est respectée. Elle permet l'épanouissement de chacun. Nous proposons la création d'associations de financement artistique, comme les Kunstverein, chez nos voisins pour décorer la ville avec des œuvres d’art.
4) Friches Industrielles, trame verte et renaturations
Il ne doit pas y avoir d'interruption entre la campagne et la ville, la nature pénétrant dans la ville. Les friches industrielles dépolluées et renaturées peuvent augmenter cette trame et offrir des lieux de promenades et de jeux pour les enfants, tout en permettant à une partie de la flore et de la faune de survivre et de se développer.
5) Retour en ville des petits commerces
La création des petits commerces en ville doit être favorisée, avec des petits parkings pour les vélos, pour permettre de faire les courses à côté de chez-soi..
6) Rationalisation des transports publics
- Création de trams de livraisons
- Création de pistes cyclables sécurisées pour les cyclistes.
- Extension des lignes de Tram
- Création du train train-tram entre Mützig et Strasbourg, de Fürdenheim à Strasbourg
7) Création de maison de soutien scolaire, dans chaque quartier
Création d'une maison de l'ado, pour l'aide psychologique aux adolescents
8) Création de petits terrains de sport (tennis, basket…) et aires de jeu, dans tous les quartiers de la ville, au centre ou en périphérie
9) Les salles de réunion en ville
Création de nouvelles salles de conférence, de concert, de réunion
10) Introduction de la démocratie participative au plan municipal
Recours au referendum pour toute décision dépassant un certain montant de travaux
Recours au referendum pour tout plan d'urbanisme dépassant un certain montant de capitaux
11) Création d'une maison du droit local et de la culture alsacienne
12) Création de nouveaux jardins familiaux et d'une zone d'AMAP (association pour le le maintien de l'agriculture paysanne) autour de Strasbourg.
Le but de ces AMAP est de participer à fournir à la population des produits sains
d'origine locale.
13) Jumelage avec les villes allemandes du Baden-Würtenberg et suisses proches pour réintégrer la ville dans son histoire européenne.