Strasbourg-Ecologie

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Programme

Le programme de Strasbourg au Coeur pour les élections municipales de 2008

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dimanche 16 novembre 2014

réunion du 16 octobre 2014

Compte-rendu de la réunion

Présents : Yvonne Charbonneau, Marianne Estèbe, Beata Hildebrand, France-Dominique Lauble, Françoise Werckmann Excusés : Hélène Baudoin, Marie Claude Blancher, Gérald Brothier, Martine Hervé, Benoit Blancher, Loïc Laubriat

I. La formation

« Apprendre à dialoguer » organisée en partenariat par « Strasbourg-Ecologie » et « Poursuivre » s’est déroulée avec succès les 23-24 octobre. Cette formation sera reprogrammée prochainement.

II. Préparation de la conférence- débat avec Marianne Estèbe

Elle aura lieu le 13 novembre de 20h à 22h à la maison des associations. Sur le thème «Pollution Electro-sensibilité » avec Marianne Estèbe qui présentera son DVD dans l’objectif d’informer et de sensibiliser aux risques liés à la pollution électromagnétique. La salle nous revient avec l’équipement audio-visuel à 77€. Nous allons demander une participation au prorata du nombre de personnes. Organisation pratique : - Présentation par Françoise Werckmann et Marianne Estèbe, - Projection du DVD « HORS CHAMPS » - Débat avec Marianne Estèbe réalisatrice du DVD N’hésitez pas à faire circuler cette invitation cf fichier – joint.

III. Mise au point de nos contacts avec Consulting 180°

Françoise Werckmann a repris contact avec l’association et plus particulièrement les étudiants dont voici le courriel : laubriat.loic

IV. Autres Projets 2014-2015

  • Recyclage du papier, un exemple d’économie circulaire "duplicable" à d’autres déchets par Benoit Blancher (Cycléthique)
  • Visite de l’Arboretum par Jean Louis Amann
  • Soirée d’information sur l’alimentation avec François Cenki.
  • Visite de l’Herbier du Jardin Botanique avec Michel Hoff.
  • Soirée dégustation et découverte de vins biologiques et en bio-dynamique avec Hélène, Gauthier Baudoin et Gérald Brothier

V. Compte-rendu du forum des associations

VI. Trésorerie

Renouvellement de cotisation (Hélène et Yvonne).

Prochaine réunion le 8 janvier 2015 Contacter : MCBlancher blanchermc@free.fr

jeudi 3 mars 2011

PROGRAMME DE L’ANNEE 2011

Mercredi 16 février GRAND MENAGE :
Maison des associations 18h15
Atelier animé par Danièle Dahlet qui transmetra l’art de nettoyer sa maison sans polluer et avec un budget minimum ;
Samedi 19 février VISITE DES SERRES DE BALDENHEIM :
14h30 à Baldenheim (sur réservation 06 37 37 75 77)
Christian Bury horticulteur guidera la visite et nous fera connaître toutes les vertus cosmétiques et diététiques de l’aloe vera ;
Mercredi 9 mars A LA DECOUVERTE DU MONDE DES ABEILLES :
18h30 lieu précisé ultérieurement
conférence présentée par Jean Claude Moes dernier apiculteur professionnel, président de l’association strasbourgeoise d’apiculteurs Asapistra suivie d’une visite pédagogique du site Asapistra en mai ;
Jeudi 17 mars LA VIEILLESSE :
18h30 lieu précisé ultérieurement
Evelyne Denny nous exposera les moyens de répondre aux besoins spécifiques des personnes dépendantes ;
Jeudi 31 mars TRI A LA SOURCE :
18 h30 lieu précisé ultérieurement
sensibilisation proposée par Christian Sager président de l’association INE recyclage des papiers bureautiques et Benoît Blancher animateur nationale du groupe de travail Chantier Ecole de Paris ;
Dimanche avril ou mai L’ARBORATUM :
Lieu, heure et date précises seront communiquées ultérieurement
Visite menée par Jean Louis Amann CUS Strasbourg ;
Juin ATELIER JARDINAGE :
Lieu, heure et date précises seront communiquées ultérieurement
Avec Hélène et Claude qui démontreront qu’un balcon ou petit jardin peut être aménagé de façon rentable, pratique, esthétique et écologique.

lundi 21 janvier 2008

Strasbourg au coeur



Strasbourg au cœur

Ecologie et démocratie alsaciennes

La nouvelle écologie et la nouvelle démocratie urbaines de proximité que nous proposons, conjuguent la lutte de l’esprit, de l’éthique et de la sensibilité contre l’argent-roi, l’indifférence, le chacun-pour-soi. Notre volonté est de placer Strasbourg et ses habitants au cœur d’une politique municipale ayant pour seul souci leur « être-mieux » et leur « être-vrai ». Se situant en-dehors de toute idéologie, elle est garante d’efficacité face au renoncement et à la résignation générées par  l’inféodation à des partis politiques, tous traversés par des courants contraires sur les problèmes qui nous préoccupent

Notre programme se décline en deux parties indissociables, à savoir : la vie au cœur de Strasbourg et Strasbourg au cœur de la ville.

Liste soutenue par un regroupement de militants écologistes et de militants culturels alsaciens

1. la vie au cœur de Strasbourg

Autrefois, on disait que la ville émancipait (Stadtluft macht frei). Elle était synonyme de qualité de vie, d’enrichissement culturel et de solidarités sociales. La ville post-moderne d’aujourd’hui est souvent  associée à des maux, comme la pollution, l’esseulement de l’individu, la nouvelle pauvreté, le déficit affectif, l’insécurité, la laideur, l’envahissement de l’automobile, l’inégalité sociale, la spéculation immobilière, la baisse de la qualité de vie et la perte de formes de solidarités. Ces problèmes, pour l’essentiel liés à l’évolution de la société, s’aggravent et les villes fortement endettées souvent ne peuvent y apporter des remèdes conséquents ou les négligent au profit d’autres priorités (choisir, c’est renoncer à ce qu’on ne choisit pas). Une ville comme Strasbourg ne peut pas créer un écosystème idéal, d’ailleurs, existe-t-il seulement? Mais elle peut mettre en œuvre, et c’est là notre ambition, une politique favorisant la réinstallation du citadin-sujet dans l’organisation de sa propre vie au cœur de la ville et, au-delà de la préservation de l’environnement, les communications et les échanges humains. Une nouvelle vision de la ville ne peut être satisfaisante que si elle se fonde sur une nouvelle conception de l’être et du vivre ensemble. De cela découle la nécessité d’une politique municipale qui mette en œuvre :

- une politique pour l’énergie renouvelable et l’alimentation bio
L’augmentation importante de la quantité des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et sa conséquence le réchauffement climatique et  la surexploitation des ressources terrestres, imposent de la part des élus avec l’aide de leurs concitoyens, des actions fortes à la hauteur de l’enjeu : répondre au défi écologique. Pour cela nous mènerons à Strasbourg des actions dans deux directions : l’énergie et la consommation alimentaire bio

1. Une politique pour l’énergie renouvelable

Pourquoi si peu de réalisations écologiques à Strasbourg? Pourquoi si peu de panneaux solaires sur les toits et de pompes à chaleurs dans les caves ? Parce que le coût de l’investissement est encore trop élevé dans notre pays et parce que les aides ne sont pas à la hauteur des besoins. D’ailleurs, la ville de Strasbourg avec un budget de 482 millions d’euros ne donne aucune aide substantielle. La communauté urbaine avec un budget d’1milliard d’euros non plus. Il ne faut pas attendre : nous sommes en face d’un terrible défi ! Aussi nous mettrons en oeuvre une politique d’économie d’énergie et d’énergie renouvelable qui concernera le domaine public et le domaine privé. Devant l’urgence nous proposons un plan sur 6 ans qui consacre au minimum 3% du budget de la CUS et de la ville de Strasbourg à l’aide aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables, soit 45 millions d’euros/an. Le coût de la production des panneaux solaires, des pompes à chaleurs des chaudières basse consommation baisseront grâce à une production plus importante et rationalisée et des achats groupés. De même la présence d’un plus grand nombre d’entreprises favorisera  une concurrence saine et une diminution des coûts des installations.
Nous créerons une agence des économies d'énergie. Cette agence regroupera des spécialistes: ingénieurs, techniciens, architectes, hommes de métiers .... Elle aura pour tâche de mettre œuvre et d’assurer le suivi de cette politique. Nous créerons également des formations adaptées en partenariat avec l’éducation nationale et la chambre des métiers : création d’une école de formation aux métiers de l’énergie (spécialistes de l’isolation, installateurs de panneaux solaires, de chaudière à faible consommation, installateurs de pompe à chaleurs) ; création de filières de techniciens supérieurs et d’ingénieurs thermiciens formés aux économies d’énergie. Nous développerons dans le cadre des actions périscolaires une culture autour des énergies renouvelables.
Un tel projet demande pour sa réalisation un échelonnement sur plusieurs années (il faut en effet compter au moins 6 ans pour le réaliser dans son ensemble) et la mise en œuvre de moyens importants. Il ne pourra se faire que grâce a une volonté commune de répondre aux défis écologiques de la décennie qui vient.
Grâce à ce programme, nous serons tous gagnants ! Gagnants parce que le retour sur investissement sera divisé par deux (6 ans et non 10 à 12 ans actuellement). Gagnants parce que nous réduirons les polluants. Gagnants parce que nous permettrons à tous de vivre dans des conditions confortables pendant les fortes chaleurs et enfin parce que notre programme sera la source de création d’emplois et de PME-PMI.

2. une politique pour l’alimentation bio

Pourquoi si peu d’alimentation biologique dans les magasins et sur les marchés ? Pourquoi des prix si élevés ? Pourquoi nos enfants ont-ils rarement de la nourriture Bio dans les cantines scolaires ? Parce que la France s’est installée dans un modèle agricole productiviste, qui certes a fait ces preuves, mais qui n’est plus du tout adapté aux urgences actuelles : la crise des énergies fossiles et la crise alimentaire qui se profilent, la pollution des sols et celles des eaux! Parce que notre santé à travers une alimentation saine n’est pas la préoccupation majeure de nos élus ! En effet, la nourriture qui arrive dans nos villes nécessite une quantité importante de ressources fossiles (pétrole) pour être produite : engrais, pesticides et transport sur plusieurs centaines de km, sans compter nos déplacements vers les supermarchés. La France qui est la première puissance agricole d’Europe est aussi le pays qui utilise le plus d’engrais chimiques et de pesticides. Nous sommes actuellement montrés du doigt par la commission Européenne car notre pays a les sols les plus pollués d’Europe, or les normes imposées, que nous ne respectons pas, ont pour but de protéger notre santé.
En réaction au consumérisme alimentaire, nous proposons une politique qui permettra à ceux qui le veulent de produire une partie de leur consommation en fruits et légumes, de participer à la défense de la biodiversité en accueillant dans sa parcelle des plantes,  arbres, fleurs ou graminées en voie de disparition, de redonner leur place en ville aux petits producteurs maraîchers et de développer la mutualisation de la production et de la consommation au sein de petites structures (AMAP) dans lesquelles les producteurs et les consommateurs s’engagent les uns envers les autres sur le contenu, la quantité et le coûts.
Nous voulons créer dans Strasbourg et dans la CUS un maraîchage bio  et des jardins familiaux bio. L’objectif et de créer dans la CUS 30 exploitations de maraîchage d’environ 2 hectares chacune et 15000 jardins familiaux de 2 ares chacu, soit d’y consacrer  au total 360 hectares. Ce programme sera mis en place en 6 ans et prendra appui sur une maison du maraîchage et du jardinage bio. Nous consacrerons 1% du budget annuel de la ville et de la CUS, soit 15 Millions €/an. Ce projet se réalisera de la manière suivante :
Nous créerons une maison du maraîchage et du jardinage biologique. Dans cette maison se retrouveront, des jardiniers, des ingénieurs et techniciens agronomes, des femmes et hommes  de terrain et des géographes spécialistes de l’urbain. Ces femmes et ces hommes auront pour tâche, dans la concertation, de mettre en œuvre le projet et d’en assurer le suivi. Nous créerons également des formations adaptées en partenariat avec l’Ecole du Génie rurale, la CCI et la Chambre d’Agriculture : création, en particulier d’une école de formation à l’agriculture et au maraîchage bio et développement de la formation continue, notamment à l’adresse des familles. Nous développerons dans le cadre des actions périscolaires une culture autour de la consommation alimentaire bio dans nos écoles.
Nous ferons surtout appel aux associations qui sont à l’initiative et au cœur de la démarche et les soutiendrons, notamment en installant dans les zones de jardins des locaux qui seront des lieux d’échanges et de formation pour les familles.
Nous créerons des transports adaptés, notamment en réintroduisant dans ces zones le transport hippomobile et des équipes de police rurale à cheval, basées dans les haras de Strasbourg.
Nous serons tous gagnants ! Gagnants, parce que cette agriculture de proximité contribuera à nous protéger des aléas mondiaux. Gagnants parce que nos enfants et nous-mêmes pourrons nous nourrir bio à des prix raisonnables. Gagnants parce que les jardins familiaux sont des lieux de détente et convivialité. Gagnants parce que nous participerons au sauvetage de la biodiversité et enfin, parce que les jardins et les zones de maraîchage reliés les aux autres par des parcours paysager seront aussi des lieux de préservation de la faune.

- une autre politique du vivre ensemble

Il y a un réel problème du vivre ensemble dans les sociétés post-modernes, en particulier dans les villes. L’importante croissance des revenus et du temps libre au cours des décennies de l’après-guerre ont permis d’élargir considérablement les potentialités de l’individu et, en même temps, réduit la prégnance du groupe social. Tout cela, accompagné par les effets d’une fréquentation télévisuelle et cybernétique boulimique, de l’urbanisation, de la régression des réseaux de vie sociale et de tendances « pernicieuses » de la recherche de la réussite économique, a conduit à une individualisation qui prend de plus en plus la forme d’une rupture des rapports sociaux traditionnels conduisant dangereusement à la « mort du social » et d’une indépendance revendiquée installant souvent un esseulement de l’individu propice à toutes les manipulations et à toutes les dérives politiques. Que signifie « vivre bien » ? Qu’est-ce qui est important au-delà des intérêts privés sinon vivre ensemble ? Seul le vivre ensemble rend la vie vivable, et pour qu’il demeure une valeur, il est urgent de s’engager et de lutter pour lui. Les tendances à la désolidarisation et le désintérêt de la chose publique ne sont pas inévitables. Confiance et solidarité ont de l’avenir.

Un avenir dans lequel la ville a son rôle à jouer. plus que jamais Il importe donc qu’elle se dote des ressources humaines et financières pour développer une culture du vivre ensemble créant du lien social et du respect entre individus égaux et différents. dans ce but , nous voulons mettre en œuvre une politique du cadre de vie. Nous proposons de remettre un peu de campagne en ville, notamment en développant les jardins familiaux (cf supra), en plantant davantage d’arbres, en réhabilitant « végétalement » des friches industrielles, en recréant des petits espaces de rencontre (squares, fontaines, placettes…) au détriment des opérations à coût exorbitant. Nous proposons également de redonner de l’identité aux rues et aux quartiers, en assurant plus de mixité sociale, en embellissant les immeubles, en réintroduisant le commerce de proximité et les petites entreprises, en améliorant la circulation et le nettoyage des rues, en assurant la cohabitation des piétons, cyclistes et voitures. Nous proposons enfin de faciliter l’accès à la culture, notamment en initiant ou en soutenant les démarches d’éducation populaire, en développant ou en favorisant une politique de tarification adaptée à la réalité socio-économique actuelle, en recréant ou en encourageant l’organisation de fêtes populaires.

- une autre politique de sécurité

Les actes d’agressivité et de violence ne relèvent pas uniquement de l’analyse sociologique. Le mal-être des personnes qui s’y livrent est réel. En effet, comment expliquer autrement que des  individus ne puissent se sentir véritablement vivants qu’en étant agressifs ou violents ? Pourquoi certains se soumettraient-ils autrement que de manière pathologique à d’autres, qui les ont blessés ou traumatisés ? Où se situent les causes d’un comportement autodestructeur ? Le dénigrement, la haine de soi, le sentiment de déréliction, sont autant de facteurs psychologiques qui, lorsqu’ils se sont installés au cours de l’enfance au plus profond de soi y demeurent, inconscients, et propices à toutes les formes de déviance et de manipulation. Il ne s’agit pas d’excuser, mais de comprendre afin d’imaginer des moyens d’actions prenant en compte l’ensemble des données qui font aussi l’humain. Cela doit évidemment s’opérer dans le sérieux et la crédibilité qu’exige l’ampleur du problème et non au travers de poses médiatiques. Les fausses promesses ne font qu’amplifier les problèmes. Nous proposons que police et justice puissent faire leur travail, tout leur travail. Parce que la sanction juste et comprise est un excellent moyen, parmi d’autres, d’éducation. Mais en même temps il y a un devoir de la société envers ceux qui n’ont pas pu se construire une personnalité équilibrée ou qui se trouvent à la dérive. Et pour cela nous proposons une politique municipale qui se consacre véritablement aux besoins de l’Homme, à sa détresse existentielle et à son aspiration à la dignité, et qui développe une véritable culture de l’autonomie individuelle faisant concorder les sentiments et les besoins. Pour ce faire nous voulons créer des maisons de l’enfance et de l’adolescence, des maisons des parents, des points d’accueil psychologique dans les écoles, des médiateurs dans les lieux publics…

- une autre politique du logement

En économie de marché les pouvoirs publics peuvent et doivent exercer une action de régulation, ainsi par exemple peuvent-ils développer le logement social de qualité écologique et ce faisant exercer au travers de la loi de l’offre et de la demande une action en faveur de la baisse des prix. C’est là un problème de première importance lorsque l’on sait que le budget logement est devenu le premier des budgets des ménages et que les prix tant à l’accès à la propriété qu’à la location ont considérablement augmenté avec des conséquences économiques et sociales que l’ont sait pour un nombre grandissant de ménages. Cet état des choses accompagné d’un problème de qualité de vie engendre une désaffection des centres-villes. Nous voulons que la planification et l’architecture urbaine placent l’homme au centre de leur choix.

2. Strasbourg au cœur de la ville

Dans l’Union européenne, Strasbourg se doit d’être au cœur de l’Europe, d’être le cœur qui l’irrigue de sentiment d’appartenance et de volonté d’être rassemblé et non pas d’y être simplement un poste avancé de la francité.
Dans la France d’aujourd’hui, Strasbourg se doit de porter au cœur de la réflexion politique française le post-nationalisme pour favoriser au travers d’un renouvellement des concepts la construction d’une identité française  une et multiple.
Dans la région Alsace, Strasbourg se doit de porter sa part à la promotion d’une nouvelle gouvernance régionale et de pratiquer une identité alsacienne, ouverte et plurielle qui ambitionne d’inscrire l’Alsace au cœur de ses paysages historique, linguistique, culturel et économique.
Dans sa ville, Strasbourg se doit d’installer une nouvelle gouvernance municipale plaçant le citoyen-sujet au cœur des choix et des décisions.
En résumé. Strasbourg se doit de mettre le principe de l’union dans la diversité au cœur de son attitude (Einstellung) démocratique. De cela découle la nécessité d’une politique municipale qui mette en oeuvre :

- une modernisation de la démocratie municipale

Les méthodes de gouvernement restent très largement réglementaires. La formation de la volonté politique ne laisse que peu de place à l’expression de la volonté des citoyens. La prise de décisions tient toujours insuffisamment compte de l’avis de ceux qui les subissent et n’engage que trop sommairement la responsabilité de ceux qui les prennent. L’opinion publique reste amplement fabriquée en-dehors du débat démocratique. La délibération publique, la culture du dialogue et le partenariat social, le compromis et le contrat, le dialogue des cultures et la reconnaissance de la diversité restent amplement absents de la culture politique française. En un mot la concertation n’existe que très insuffisamment, cédant le pas à la médiatisation de conversations de salons. Or, l’accomplissement de l’individu passe par celui d’autrui, l’accomplissement de l’union passe par celui de la diversité, l’accomplissement de la démocratie passe par celui de la démocratie délibérative et participative, sociale et culturelle.
Les problèmes actuels et à venir de nos villes ne pourront trouver de solutions que si l’esprit civique et avec lui la vie retrouvent leur place dans l’espace urbain. Citadines et citadins doivent pour ce faire pouvoir s’engager politiquement et être soutenus dans leur volonté de créer des initiatives citoyennes en faveur par exemple de l’amélioration de la qualité de vie. Si la question de l’élargissement de la démocratie reste posée, comme celle de la légitimation du pouvoir, il est évident qu’elles ne trouveront de justes réponses qu’en permettant la participation active de tous à la formation de la volonté politique dans le cadre d’une démocratie délibérative organisant la discussion la plus large  possible dans l’espace public et impliquant de la société civile.
L’objectif premier des démocrates doit être, non pas la prise et la conservation du pouvoir pour exister personnellement, mais la prise de responsabilité pour la protection des libertés individuelles et la gestion du bien commun. Le cœur de la politique ne doit pas être la compétition pour le pouvoir, mais la contribution à la meilleure solution aux problèmes ; non plus l’élection, mais la responsabilité. Ce principe peut opérer si la responsabilité du politique est dissociée de sa personne et associée prioritairement à la chose, c’est-à-dire aux décisions. Les mesures municipales et les décisions politiques peuvent alors être prises  dans des structures délibératives et participatives réunissant des acteurs compétents et responsables.
Dans le but de moderniser la démocratie, de développer l’esprit civique et recentrer la responsabilité sur la chose, autrement dit de mettre en place une nouvelle gouvernance, nous voulons favoriser la création de ces lieux de discussion, afin d’associer les citoyens à nos choix et à nos décisions en créant un véritable partenariat municipal. Nous voulons que la ville soit ici être exemplaire et nous créerons, en particulier un conseil économique, social et culturel municipal ayant pour but d’associer les forces vives de la cité à la prise de décisions. Nous développerons le recours au référendum et nous assurerons une gestion moderne et participative des ressources humaines municipales.

- une application du principe d’éthique

Le principe d’éthique doit être appliqué à la vie en société et partant à la vie politique et démocratique. Faire de la politique c’est se confronter avec les conflits de l’homme, c’est-à-dire avec les tensions entre la raison et le sentiment, la passion et la discipline, les idées et la rationalité critique, l’intérêt et la morale, l’opinion et la responsabilité. Quoi que l’on fasse, il ne faut pas le faire contre sa propre volonté ni contre l’humanité. Chacun doit agir de telle sorte que les principes qu’il met en œuvre pour gérer son rapport aux autres puissent aussi servir de règles pour tous. C’est un « impératif catégorique ».
La liberté n’existe que communément. L’égalité ne prend de sens que dans l’égal accès au bien commun. La fraternité ne se réalise que dans l’établissement de solidarités. Le principe d’éthique doit toujours être placée au cœur des choix politiques, notamment municipaux, et non pas le souci de la carrière politique ou le plaisir narcissique. Sans éthique tout n’est que leurre ou exploitation.

- une intégration sans désintégration

L’intégration est une nécessité pour qui veut assurer la cohésion sociale ou politique. Encore faut-il s’entendre sur sa signification. Est-ce s’intégrer à l’uniformité sans diversité, à la diversité sans union ou à l’union dans la diversité ? Et comment s’intégrer ? La diversité est là et il faut simplement la gérer et en faire un élément de civilisation, sauf à vouloir persévérer dans l’exclusion de la France réelle et dans l’inacceptation de l’altérité et son cortège d’injustices, de frustrations et de révoltes. L’altérité ne peut occultée par le recours à l’universel abstrait ? L’intégration ne peut se réaliser qu’en composant avec l’assimilation et l’insertion, avec le droit à la ressemblance et le droit à la différence, avec l’union et avec la diversité, avec le mitsein avec le anderssein  pour viser l’union dans la diversité. Elle nécessite le développement d’une culture de l’altérité. Parce que la ville a ici  un rôle de première importance à jouer, nous mettrons en œuvre une politique de reconnaissance des corps intermédiaires, c’est-à-dire que nous soutiendrons les instances de solidarités qui s’inscrivent dans le principe de l’union dans la diversité et favoriserons leur développement.

- un développement du plurilinguisme basé sur le bilinguisme français-allemand

L’option bilingue fonde sa pertinence à la fois dans des raisons à la fois identitaires, historiques, culturelles et économiques, mais également et dans les avantages propres à l’éducation bilingue. Elle crée les conditions d’une réelle ouverture sur deux espaces linguistiques et culturels. C’est tout le contraire du repli et de l’enfermement. Le bilinguisme apporte une réponse à la nécessaire prise en compte tant des droits culturels et linguistiques, que de la géopolitique. Il s’inscrit dans une volonté et dans une stratégie identitaires, mais également économiques et constitue la base du nécessaire plurilinguisme. Le développement efficace d’une ville  se fonde toujours sur sa culture et son identité de la ville, c’est-à-dire sur celles de ses habitants. Le renforcement de l’identité culturelle doit donc résider au centre des préoccupations de la municipalité. Les langues pour leur part sont un élément important qui alimente cette culture et cette identité.
C’est pourquoi, le soutien au bilinguisme et à la diversité linguistique doit être considéré comme primordial à Strasbourg.  Au lieu d’être perçues comme un obstacle, la langue et la culture régionales sont des ressources précieuses dans cette ville située au coeur de l’Europe. Il s’agit pour la ville de favoriser la scolarisation en classe bilingue paritaire français-allemand sur les six années à venir de 50 % de sa population scolaire, comme il s’agit pour elle de mettre en place des cours d’initiation et de mise à niveau à destination des enfants issus de l’immigration et d’apporter un soutien à la mise en place, d’une part d’un enseignement généralisé de l’histoire et de la culture telles qu’elles ont été et sont construites en Alsace et, d’autre part d’une d’option de langues et cultures d’origine, parce qu’il est important que l’école valorise l’élève dans toutes ses dimensions et capacités.

- un épanouissement  de la diversité culturelle

L’Alsace a été de tout temps une région de passage et d’accueil de populations venus d’horizons divers. La culture en Alsace, comme la culture en France est diverse et plurilingue. Il s’agit de gérer cette réalité et de donner à cette diversité et à ce plurilinguisme les droits culturels qu’ils justifient par leur existence même,  par la part d’humanité qu’ils représentent et par les perspectives qu’ils ouvrent.
Il faut municipaliser la diversité dans un objectif d’union. Ce très beau mot connote à la fois fraternité, solidarité, convivialité, altérité, Alsace. L’union doit inciter la ville de Strasbourg à soutenir par des choix financiers une culture ouverte ; une culture partagée et multiple, à tous les niveaux, dans laquelle puissent s’épanouir les diversités culturelles, une culture animée, réservoir mobile de diversités vivantes ouvertes à l’Autre. Nous la municipaliserons en encouragerons la création de lieux de rencontre et d’expression plurielles.

- une consolidation de l’Euro-District et du Rhin Supérieur

L’Alsace et plus particulièrement Strasbourg se sont engagées depuis quelques décennies dans une politique de coopération transfrontalière économique, politique, sociale et culturelle avec ses voisins et partenaires du Rhin Supérieur et un peu plus récemment avec ceux de l’Euro-District. Cette stratégie d’alliance n’est pas le fruit du hasard. Elle participe de la construction de l’Europe et de sa recomposition actuelle. Elle est déterminée par la nécessité économique et prend appui sur des données géographiques et historiques. L’Alsace et Strasbourg se doivent de vivre à 360 degrés et de tirer avantage d’une situation privilégiée au cœur du Rhin supérieur et de la « Grande Dorsale Européenne », centre de gravité principal de l’Europe économique.
Nous voulons que cette coopération devienne véritablement démocratique, qu’elle soit soulagée des pesanteurs historiques et dispensée d’une certaine arrogance française, et que les partenaires disposent selon le principe de subsidiarité des mêmes modalités politiques, en tout cas qu’ils utilisent d’ores et déjà tous les moyens à leur disposition.

- une réaffirmation de l’identité alsacienne

Il importe que Strasbourg n’oublie pas qu’elle est alsacienne et de surcroît qu’elle réaffirme fortement cette appartenance, à la fois pour donner une image claire d’elle-même, pour chanter juste, et parce qu’elle constitue un modèle identificatoire pour toute l’Alsace.  Strasbourg a tout à gagner à trouver un équilibre heureux entre l’histoire, toutes les histoires, entre la culture, toutes les cultures qui l’ont construite et continuent à la construire. Elle se valorisera en les valorisant toutes, notamment celles « mitteleuropéennes » et celles dites populaires. Ce faisant, cette appartenance là n’est pas un repli ou un enfermement. Elle est ouverture et déploiement. L’identité alsacienne naît de la rencontre d’identités individuelles partageant un sentiment d’appartenance et la volonté d’être et de vivre ensemble. L’identité alsacienne n’existe donc pas en soi, ni par soi. Elle ne s’hérite pas. Non seulement on ne naît pas Alsacien, mais on le devient… ou pas. Elle s’acquiert en fonction d’une socialisation, notamment à l’école, décidée par la collectivité pour la construire. Et comme cette construction n’existe pas ou très peu, il n’est pas surprenant que de plus en plus d’Alsaciens ne développent qu’une identité incertaine et diffuse, souvent fondée sur le refoulement et la résignation. Alors, Strasbourg, fière de son passé et  illustrant une francitude ouverte et plurielle ou Strasbourg, ville refoulant sa part de germanitude, repliée sur ses problèmes franco-français et satellisée par Paris ?  Ou Strasbourg l’alsacienne ? Nous voulons que la ville joue la carte alsacienne, celle d’une Alsace fière de ses composantes passées et présentes. Ce faisant, Strasbourg se construira un avenir européen exemplaire et cette fierté rejaillira sur ses habitants. Un chantier parmi bien d’autre devrait être la réalisation d’une maison de l’histoire et la culture en Alsace.

-  une installation de Strasbourg en Europe

En 1949, le Conseil de l’Europe tenait à Strasbourg sa première session, ville où il a été installé. Le choix de Strasbourg, qui fait suite à une proposition britannique, est très symbolique d’une volonté commune de paix, d’une union dans la diversité et du triomphe de la raison et du droit sur la folie meurtrière et fratricide. Parce que dans cette ville historique se sont heurtés et affrontés les nationalismes  français et allemand et parce que dans cette ville se sont aussi rencontrées et fécondées la culture française et la culture allemande, la reconstruction ne pouvait que commencer à Strasbourg.
A Strasbourg de relever le défi permanent qui consiste à demeurer pour l’Europe et le monde un symbole de démocratie, de vivre ensemble, de respect de l’altérité, de reconnaissance de la différence et de culture plurielle. Mais Strasbourg tient-elle encore le symbole, tient-elle encore lieu d’exemple ? N’est-elle pas devenue, au fil des décennies, une simple ville de province ? L’ambition première, évidemment inavouée, n’était-elle pas d’en faire, avant tout, une ville comme toutes les autres villes de France ? Strasbourg s’est-elle installée en Europe ou L’Europe s’est-elle installée à Strasbourg ?
Peut-on raisonnablement revendiquer le titre de capitale européenne lorsque l’on se contente du rang de simple ville provinciale d’un pays qui, à l’heure actuelle, ne pourrait plus adhérer au Conseil de l’Europe, faute de s’appliquer les principes de la démocratie culturelle qui en émanent (notamment la Charte européenne pour les langues régionales ou minoritaires et la Convention pour la protection des minorités). L’Europe ce n’est pas seulement ses institutions ou encore que le périmètre entre l’Orangerie et le Wacken. L’Europe doit être au cœur de Strasbourg et Strasbourg doit être le cœur de l’Europe. Aux politiques de s’en donner les moyens. Sans les institutions européennes et la Cathédrale, mais qui viendrait encore à Strasbourg pour y vivre l’Europe. Peut-être bien personne. L’Europe n’y est pas et son esprit n’y souffle pas vraiment. Il ne faudra pas verser des larmes de crocodile le jour où le Parlement quittera la ville. Strasbourg ne peut pas être une ville comme les autres. Au-delà d’être française, elle se doit d’être européenne.
Nous voulons que Strasbourg apporte une contribution majeure au syncrétisme culturel européen, à l’interculturalité et à polyglossie européennes, redonne une existence sociale à la langue régionale tout simplement en la pratiquant, recrée par exemple un théâtre  d’expression allemande et, annuellement,  donne aux peuples européens l’occasion de s’y rencontrer, organise une grande fête des langues et des cultures de l’Europe, c’est-à-dire une grande fête populaire en l’honneur de l’Europe et de sa diversité, une foire européenne du livre, un festival européen du film, de la chanson, du théâtre, un prix européen de l’engagement politique européen, des journées européennes de la jeunesse, un colloque sur l’histoire de l’Europe et de ses membres…  Ah, si de la tour de la cathédrale de Strasbourg on faisait carillonner tous les jours à midi l’hymne européen, quelle classe !