La liste municipale « Strasbourg au cœur,
écologie et démocratie alsaciennes » a pour objectif de permettre aux
strasbourgeois de se réapproprier leur ville afin que chacun puisse s’y
épanouir. La pratique du sport y participe. Notre programme comprend deux axes
qui sont intimement liés entre eux. Le premier axe concerne la vie des
strasbourgeois. Il s’intitule « La vie au cœur de Strasbourg et de ses
quartiers » et décline les principaux aspects de notre vie de tous les
jours. L’habitat et l’urbanisme y tiennent un grande place déclinée sous
l’angle du local et de la proximité, tout comme notre deuxième axe qui
s’intitule « Strasbourg au cœur de la ville » qui promeut une
nouvelle politique culturelle prenant elle aussi appui sur le local, sur ce qui
fait la spécificité de Strasbourg, capitale alsacienne et européenne.
Le sport, puisqu’il s’agit de cela ici fait partie de l’éducation et de la
culture et il y a interdépendance entre les jeux dont ceux du sport et la vie
culturelle d’une cité. Le sport est un structurant social puissant, tout comme
il est un facteur de bien-être et de bonne santé. Strasbourg est dotée
d’équipements sportifs en quantité et en qualité, et nous pensons
qu’actuellement les priorités se situent à trois niveaux : le premier
étant celui de la pédagogie, le deuxième concernant lasanté et la
gestion de l’espace.
Il est essentiel de mettre en place une bonne
pédagogie du sport pour tous les âges de la vie, sachant que tout le jeu
sportif est basé sur un système de règles définissant le permis et le défendu.
Il faut donc « Jouer le jeu », ou ne pas jouer. Si nous faisons le
parallèle avec le droit qui énonce la règle du jeu social nous voyons qu’il y a
un lien entre les deux et que la pratique d’un jeu sportif ou autre facilite
l’accès à la vie sociale, d’autant plus que le sport collectif demande un
accord volontaire entre les partenaires, dans un espace de rigueur et de
loyauté librement choisi et accepté.
Les professeurs et moniteurs de sport connaissent bien ces problèmes et
notamment les dangers entretenus par une vision trop compétitive du sport.
L’IUFM de Strasbourg travaille sur cet aspect et sur les notions de règles, de
liberté, de limites, de gestion et de règlement des conflits, liés notamment à
la pratique du jeu sportif, car comme je l’ai indiqué précédemment culture et
jeu sont intimement liés que ce soit le jeu sportif ou le jeu social ou tout
autre jeu. « Ce que l’on appelle jeu apparaît cette fois comme un ensemble
de restrictions volontaires, acceptées de plein gré et qui établissent un ordre
stable, parfois une législation tacite dans un univers sans loi. » nous
dit Roger Caillois dans « Les jeux et les hommes » édition Gallimard
1967, page 14.
C’est pourquoi nous insistons sur cet aspect pédagogique du jeu collectif, car
les dispositions psychologiques qu’il traduit et qu’il développe peuvent en
effet constituer d’importants facteurs de civilisation, et une attention
particulière doit être portée aux supporters des équipes de football qui
demanderaient eux aussi un encadrement spécifique. A côté du problème de la
prise en charge des clubs se posent celle de leur supervision pédagogique qui
devrait être assurée par des professeurs et des moniteurs de sport formés
spécialement pour assurer ce suivi.
La pollution de l’air par les particules a
atteint des chiffres record en Alsace en 2007, nous avons dépassé pour la
première fois à Strasbourg, Colmar et Mulhouse les normes admises par l’Union
européenne. A Strasbourg, le niveau de 50 microgrammes par m3 sur 24 heures qui
a été dépassé plus de 55 fois, vient de passer pour la première fois au
niveau d’alerte – fixé à 125 microgrammes – les 20 et 21 décembre 2007. Ce qui
pose le problème de la pratique du sport individuel dans la ville comme la
promenade, la marche, et le jogging, ainsi que la bicyclette et les
gymnastiques douces de plein air qui concernent tous les âges, sachant que la
sensibilité à la pollution est plus importante pour les enfants en bas âge et
pour les personnes âgées. C’est pourquoi il serait nécessaire et urgent de
limiter encore plus la circulation automobile et de mettre en place un plan
d’aide à la rénovation des appartements sur le plan des économies d’énergie qui
participent pour une bonne part à la pollution de l’air.
D’autre part, le sport en ville se heurte également à l’écueil de l’espace.
C’est pourquoi nous proposons d’aménager des parcours en ville en dehors de la
circulation, notamment installés dans les coulées vertes existantes des
pistes spécifiques réservées à la marche et à la course en dehors des
bicyclettes. Dans ce même esprit, les pistes cyclables seront sécurisées
(régulièrement nettoyées), bordées d’arbre et de nature pour que le vélo en
ville ne rime plus avec danger ! De même, il faudrait poursuivre
d’aménager les berges de l’Ill pour la promenade des enfants, des familles et
des personnes handicapées et âgées, de façon à ce que tous les âges de la vie
et toutes les pratiques du sport individuel en ville puissent coexister.
Quant au stade de la Meinau, nous proposons qu’il soit réaménagé sur le site
actuel, ouvert à d’autres disciplines que le football, car la gestion de
Strasbourg pour le sport comme pour d’autres besoins doit être fondée sur
l’économie de surfaces, la renaturation, et l’économie des deniers publics.
Françoise Werckmann